L’Orchestre de Lille, un invité surprenant
SERGE MARTIN
jeudi 22 octobre 2009, 10:57
Bozar Musique accueille l’orchestre philharmonique de Lille. Ce concert devait faire événement parce qu’il marquait le début de la résidence de Plamena Mengova : malade, elle sera remplacée par Nikolai Demidenko.
Deux événements subsistent : tout d’abord, la présence au pupitre du jeune chef ukrainien Kirill Karabits, fort remarqué la saison dernière à l’OPL et qui dirigera la 6e symphonie de Chostakovitch, un compositeur dont il assumera à Lyon en décembre prochain la reprise de sa succulente opérette Moscou, quartier des cerises. Ensuite, la création à Bruxelles de Wailing de Lu Wang, la partition lauréate du programme Tactus 2008, un concours-séminaire, soutenu par Ethias et imaginé par Gille Ledure, l’actuel directeur artistique délégué de l’orchestre de Lille.
Mais le symphonique de Lille n’est lui même pas un orchestre comme les autres. Tout d’abord parce que depuis 1976, il poursuit sous l’égide de Jean-Claude Casadesus un projet culturel original reposant sur une très forte implantation régionale.
Qu’on en juge : durant cette saison, outre ses concerts donnés au Grand Siècle à Lille, ses tournées en Chine et en Europe centrale, l’orchestre donnera 32 concerts dans divers lieux du Nord-Pas de Calais. A titre de comparaison, l’ONB et l’OPL assumeront chacun 18 concerts en Belgique en dehors de leur port d’attache dont 10 à Bruxelles pour l’OPL. La solidité de cet ancrage se reflète dans un taux de remplissage des concerts lillois où chaque programme est donné deux fois, soit une jauge de 4.400 places.
Cette politique de présence est renforcée par une série d’actions novatrices, telle ces exécutions des Tableaux d’une exposition de Moussorgsky-Ravel dans une mise en scène iconographique d’Astrid Bachelot, basée sur un savant montage de plus de 200 toiles, dessins ou aquarelles, qui accompagne, illustre et commente la musique de Moussorgsky, dans un savoureux mélange de didactisme et d’ironie. Les danseuses de Degas y côtoient « les poussins dans leur coque », la caricature fait appel à Daumier ou aux grotesques de Goya alors que le côté réaliste du propos est sublimé dans la lecture contemporaine des toiles de Klee, Chagall ou, surtout Kadinsky. Un montage d’une efficacité stupéfiante qui réussit l’exploit de ne jamais distraire l’écoute dont on espère la publication DVD.
Palais des Beaux-Arts, vendredi 23. Réservation : 02 507 82 00 ou www.bozar.be
On pourra revoir ce montage visuel en juin prochain lors du Lille Piano Festival, en commentaire d’une exécution de la version pour piano du chef d’œuvre de Moussorgsky.
http://www.lesoir.be/culture/musiques/2009-10-22/orchestre-lille-invite-surprenant-733942.shtml






















































































































































































































